Rabu, 26 Februari 2014






Ce qui précède indique que d'un point de vue lexical, français et franco-provençal, constituent l'une des branches les plus dissemblables des langues romanes. Cela est dû à la forte incidence de la phonologie et du lexique en contact avec les langues germaniques au cours du Bas Empire romain et le début du Moyen Âge.
Peut-être encore plus étonnant en comparaison avec les classifications conventionnelles (historiquement fortement basées sur la géographie, voire influencées la division politique, au-delà des traits proprement linguistiques), l'occitan et le catalan, et même le portugais, sont plus à rapprocher du point de vue du lexique de l'italien et du roumain que des langues "ibériques" (castillan, galicien, aragonais).
Du latin classique au latin vulgaire[modifier | modifier le code]

Quelques modifications phonétiques propres au latin vulgaire[modifier | modifier le code]
Note : les transcriptions phonétiques sont en alphabet phonétique international.
À propos du latin vulgaire, il convient de noter que les Romains, comme les Grecs, vivaient en situation de diglossie : la langue de tous les jours n'était pas le latin classique (celui des textes littéraires ou sermo urbanus, « langue de la ville », c'est-à-dire une langue figée par la grammaire comme l'a été le sanskrit), mais une forme distincte bien que très proche, au développement plus libre (le sermo plebeius, « langue vulgaire »). Il semble acquis que le latin classique ne se limitait pas à un emploi livresque, mais qu'il était couramment parlé par les catégories sociales élevées, bien que ces dernières aient trouvé plus raffiné encore de s'exprimer en grec (et il semble que César n'ait pas dit à Brutus Tu quoque, fili mais Kaì sù, téknon), tandis que le sermo plebeius était la langue des soldats, des commerçants, du petit peuple ; n'ayant jamais accédé au statut de langue littéraire, le latin vulgaire nous est surtout connu par la linguistique historique, des citations et des critiques prononcées par les tenants d'un latin littéraire ainsi que de nombreuses inscriptions, des registres, comptes et autres textes courants. D'autre part, le Satyricon de Pétrone, sorte de « roman » écrit vraisemblablement au ier siècle et se passant dans les milieux interlopes de la société romaine, est un témoignage important de cette diglossie : selon leur catégorie sociale, les personnages s'y expriment dans une langue plus ou moins proche de l'archétype classique.
Parmi les textes qui ont blâmé les formes jugées décadentes et fautives, il faut retenir l’Appendix Probi25, sorte de compilation d'« erreurs » fréquentes relevées par un certain Probus et datant du iiie siècle.
Ce sont bien ces formes, et non leur équivalent en latin classique, qui sont à l'origine des mots utilisés dans les langues romanes. Voici quelques exemples de « fautes » citées par Probus (selon le modèle A non B, « [dites] A et non B »), classées ici par type d'évolution phonétique et assorties de commentaires permettant de signaler les principales différences phonologiques entre le latin classique et le latin vulgaire ; il n'est bien sûr pas possible d'être exhaustif en la matière et de référencer toutes les différences entre le latin classique et le latin vulgaire, mais l’Appendix Probi peut constituer une introduction pertinente sur le sujet.
Calida non calda[modifier | modifier le code]
Calida non calda, masculus non masclus, tabula non tabla, oculus non oclus, etc. : ces exemples montrent l'amuïssement des voyelles post-toniques (et aussi prétoniques) brèves ; les mots latins sont en effet accentués cálida, másculus, tábula et óculus, la voyelle suivante étant brève. Cet amuïssement prouve aussi que l'accent de hauteur du latin classique est devenu un accent d'intensité en latin vulgaire (en effet, un accent de hauteur n'a pas d'influence sur les voyelles atones environnantes). L'on reconnaît dans cette liste les ancêtres de chaude (ancien français chalt), mâle (ancien français masle), table et œil ; ce processus a donné naissance à des transformations importantes des consonnes entrées en contact après la chute de la voyelle les séparant : ainsi, un /l/ devant consonne est passé à l vélaire (soit /?/) puis à /u/ en français (vocalisation), d'où chaud ; de même, /kl/ a pu donner un l palatalisé (voir au paragraphe suivant).
Vinea non vinia[modifier | modifier le code]
Vinea non vinia, solea non solia, lancea non lancia, etc. : l'on voit là le passage en latin vulgaire de /e/ bref devant voyelle à /j/ (son initial de yacht ; le phénomène est nommé consonification) qui, après consonne, la palatalise ; ces consonnes palatalisées (qui peuvent provenir d'autres sources), sont importantes dans l'évolution des langues romanes. Cette transformation explique pourquoi l'on obtient, par exemple, vigne (avec /nj/ devenant /?/, noté dans les langues romanes par le digramme gn en français et italien, ñ en castillan, ny en catalan, nh en portugais et occitan, etc.), seuil (avec anciennement un l palatal, soit /?/, noté par ill/il en français, devenu ensuite un simple /j/, conservé en italien, où il est noté gli et toujours prononcé comme une double consonne, en castillan, où il est noté ll, « double l » [sauf quand il provient de /lj/, où il passe à /x/, phonème dit jota], comme en catalan, en portugais et occitan, écrit lh, etc.), et lance (avec le son /s/ issu de /t?s/, forme palatalisée de /k/, que notait bien la lettre c latine ; de même en italien lancia /lan?a/, castillan lanza /lan?a/, anciennement lança /lantsa/, ou en roumain lance /lan?e/, etc.).
Auris non oricla[modifier | modifier le code]

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